BINÔME DANS LA FOURNAISE
L’Ancien freine et le gros fourgon le dépasse,
Il fonce en hurlant, porteur de premier secours.
Ah ! Oui ! C’est là bas que cela se passe...
A la « Bonneterie », il entre dans la cour.
Sûr qu’il y a le feu dans le stock, au sous sol !
Un « Binôme » en progression, c’est cas d’école,
La fumée sourde tout autour du bâtiment,
Bravo pour ces gars qui pénètrent hardiment !
Le feu est là bas, tout au fond du grand couloir,
Pour des harengs saurs, c’est fumeux fumoir,
Mais pour nos pompiers c’est sombre piège mortel,
Four chauffé à blanc « artificé » ***d’étincelles.
Trente mètres nous séparent du binôme,
On imagine la lutte de ces hommes,
On tremble pour eux… Mon Dieu que le temps est long !
Mais, plus de rouge dans le grand brouillard, c’est bon !
Enfin, on tire sur les tuyaux et commandes,
A leurs bouts, le binôme. Ouf ! Finie l’attente !
Regarde ! Ils sont crevés, ils marchent en chancelant.
On enlève masques et appareils isolants,
Leurs tenues sont souillées des traces de l’enfer,
Mais on ne parlera pas d’eux à « France Inter ».
Casque enlevé, de longs cheveux blonds qui brillent,
Oui, les gars, le porte lance c'est une fille.
F. RAOUT Janvier 2009
*** « artificé » verbe inventé par l’auteur
Retour Page d'accueil: http://0z.fr/OTPjg
