Marc Deneuche se souvient de sa première intervention en tant que médecin des pompiers. C’était en 1987. « Le premier samedi, un accident de voiture, relate-t-il. On a passé trois heures à découper la voiture pour sortir les personnes. » Avec un dénouement heureux : « Elles étaient indemnes ».
Aujourd’hui, Marc Deneuche fait toujours partie des trois médecins des pompiers de Bailleul, un engagement volontaire. Il a pris du recul depuis qu’il a pris la tête de la cité de Mélusine en mars 2014. « Je fais encore des visites médicales d’aptitude, témoigne-t-il. Mais je n’interviens plus sur le terrain. »
En trente ans, il a participé à 10 000 interventions. « La première mission du médecin des pompiers est l’aide à la personne », explique-t-il. Un moyen de gagner de précieuses minutes, avant l’arrivée du SAMU. « Un massage cardiaque, il faut intervenir dans les cinq premières minutes, souligne-t-il. Le premier intérêt du médecin des pompiers, c’est la proximité. » Son rôle est aussi de veiller sur les soldats du feu. « On apporte une aide sanitaire lors des interventions ». Un exemple ? Il est déjà arrivé à Marc Deneuche de soigner un pompier attaqué par un chien. « On apporte les soins, on fait aussi attention à ce qu’ils ne fassent pas d’hypoglycémie. »
Mais ses missions ne résument pas aux interventions. « On participe aussi à la formation des sapeurs, indique le maire. On leur apprend les dernières techniques. Gérer un malaise, un accouchement inopiné, la prise en charge de la fracture. »
Le médecin assure aussi le suivi sanitaire et psychologique. Il peut jouer un rôle clé après une situation marquante, voire traumatisante. « Par exemple quand un enfant meurt, le débriefing est important », indique l’édile.
Autre aspect de cet engagement : les visites d’aptitude, lors desquelles il faut parfois freiner la motivation des pompiers. « Il ne faut pas passer à côté de quelqu’un qui est épileptique et ne veut pas le dire », glisse-t-il.
Une expérience très différente de son quotidien de médecin libéral. « Il y a un effet immédiat. Quand quelqu’un est coincé dans une voiture ou en arrêt cardiaque. L’intérêt aussi c’est le travail en équipe, il y a souvent une bonne ambiance. » Le dernier avantage est plus anecdotique : « On utilise des plus gros outils, ça change du stéthoscope et du tensiomètre
La Voix du Nord