Lundi 19 mai 2008
Du temps ou ce n'était pas facile d'être sapeur pompier volontaire



 

 

 

LA FAUTE

 

 

 

J’ai mal !

C’est moche !

Ce n’est pas normal !

Il faut tirer la cloche,

Il faut retenir ses larmes,

Il faut sonner l’alarme,

Il faut crier bien haut,

Il faut cracher «  l’ morceau ! »

 

Didier est venu me voir,

Didier pleure,

Didier est au désespoir, 

Moi, j’ai peur.

 

Car Didier c’est un peu mon fils.

En quittant ce monde, en quittant les Pompiers,

Son père, mon compagnon, m’avait désigné d’office

Pour veiller sur quatre gars qui allaient le relayer.

 

De ses doigts abîmés d'homme du « bâtiment »,

Il me présente une lettre recommandée

Qui lui apprend, et cela bien gentiment,

Qu’un autre emploi il devra quémander.

Sa faute, sa faute grave, sa faute impardonnable,

C’est d’avoir, l’autre jour à sept heures du matin,

Accepté de combattre un incendie redoutable,

Un immense brasier, un enfant de putain !

 

Il fallait prévenir !....

Bien sur ! Mais comment l’aurait il fait ?

Il fallait revenir !

Bon ! Mais au feu .... Déclarer forfait ?

 

 

J’étais un Chef de Corps Volontaire.

J’étais un entrepreneur employeur.

Alors je n’ai pas envie de me taire,

Et, tant pis, si je passe pour un râleur.

 

Toi, mon collègue, dont la dalle trop faible a cédé

Sur plusieurs de tes ouvriers,

Tu étais content, tu dois me le concéder,

De voir arriver mes Pompiers.

Vous, mes confrères, dont la tête n’est pas trop gonflée,

Promettez-moi de réfléchir.

Notre Coluche dirait «   Soyez pas des enfoirés »

Oh, oui ! Laissez-vous donc fléchir.

Permettez à tous les « Didier » d’agir,

Pour le meilleur et pour le pire.

 

                                                Francis RAOUT Sept 1990

                                             

 

      

 

par fraout
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Lundi 3 mars 2008

 
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A ROGER EECKHOUDT, mon maître.

 

 

Plus d'un demi -  siècle a vieilli notre Terre

Depuis le jour ou, ardent Volontaire,

J'ai croisé  un Dunkerquois au regard clair,

Pro des feux et athlète vif comme l'éclair.

 

L'inhumain parcours sportif en compétition

Nous avait rapproché, nous étions mordus.

De notre Nord, Roger était grand champion,

Moi, son supporter parmi les plus assidus.

 

Dans la France entière, il glanait ses succès.

Qu'il fut beau le titre de "Champion de France"

Un enfant de Jean Bart! …Le meilleur des Français!...

Record jamais battu. Quelle récompense!

 

Roger, c'était le roi des poids et haltères,

Une pluie de médailles couronna ses victoires.

Mais il savait garder les pieds sur terre,

Côtoyant les misères, côtoyant la gloire.

 

Je me souviens de Roger, mon instructeur,

Il connaissait tout, il récitait tout par cœur.

Il fut le symbole vivant de l'officier,

Il fut mon Maître, véritable homme d'acier.

 

 

Luc, sache combien ton père serait fier de toi,

Pour lui, cogne comme un sourd et fais comme moi,

Sers tes pompiers, sers Hazebrouck, garde la foi,

C'est beau d'être le fils d'un héros d'autrefois.

 

 

 

                                      Francis RAOUT    Sainte Barbe 2007

 

        Luc EECKOUDT, son fils, dirige le C.I.S  HAZEBROUCK 

 

 

 

 

 

par fraout
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Lundi 3 mars 2008
Quand un des nôtres quitte le service actif, nous lui faisons une petite fête. Il perd son surnom de Pépère  que le prochain à partir endosse.

 

PEPERE  

 

Dans ce C.S., une tradition séculaire,

Le prochain  à partir  est surnommé « Pépère »

Le nôtre sera nommé Adjudant honoraire

A la fête, demain soir, par Monsieur le Maire.

 

Mais, aujourd’hui encore, Pépère peut décaler.

La « Dépo » au départ...Pépère... Faut y aller.

« La Vie en rouge » devait être sa soirée Télé,

Mais au fossé, un gros « citerne » avait roulé,

Il fallait le vider, le fuel s’écoulait.

Les vannes enterrées étaient inutilisables,

Seuls, les trous d’homme étaient abordables.

Pépère décide que c’est par là qu’il fallait pomper

Après avoir barré le fossé pour tout stopper.

Pour l’exemple, c’est lui qui ouvrira les trappes.

Là, ce fut à filmer pour «  Farces et attrapes ».

Une trombe de mazout se déversa sur lui,

Pourquoi n’a t’il pas songer à prendre un parapluie ?

Sainte Barbe, dans sa tête, a pour toujours gravé

Un cadeau souvenir pour ses adieux aux agrès. 

 

La grande salle de la caserne brille,

Et dans les coupes, le Champagne pétille,

Pour Pépère, ce soir, c’est la grande fête.

L’organisation, en tous points, est parfaite.

Accueillis par la Présidente de l’Amicale

Et les « Pin-Pon » d’un fourgon qui décale,

Nous écoutons le Chef de Corps qui étale

Le parcours de Pépère au Centre Principal.

Et puis, le nouveau « Pépère » a fleuri Mémère.

On a cassé la croûte avec Monsieur le Maire.

On a beaucoup parlé,

On a bien rigolé.

 

« Et maintenant, que vais je faire de tout ce temps ? »

C’est trop dur de se sentir Ancien Combattant,

Toi, l’étranger, tu ne peux pas comprendre

Combien cela nous tenait au ventre,

Combien nous étions tous mordus,

Combien les ans nous ont vaincus.

Il me reste quand même les Anciens,

Je vais les rejoindre, je le crois bien.

 

« Partir, c’est mourir un peu »

« C’est mourir à ce qu’on aime »

 

 

                                                          Francis RAOUT          Août  2OO2

par fraout
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Lundi 3 mars 2008

 

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Le "Flash over" que nous ne connaissions pas en ces années là, s'est déclenché alors que les  intervenants qui avaient pénétré dans la grande salle de restaurant du 1er étage avaient eu l'ordre de replier. Certains glissaient encore sur les montants d'échelle quand la boule de feu a dévasté la grande baie en facade.
Le journaliste qui a écrit le commentaire est Monsieur Jean Houcke, Président d'honneur de la Voix du Nord qui fut un merveilleux rédacteur.

par fraout
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Lundi 3 mars 2008

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GEANTISSIME VIE

 

 

 

Il est venu sur notre "Montagne"

Tout à l'aube de ce siècle naissant.

Il a vécu dans notre campagne,

En grand témoin d'un passé récent;

Il fut contemporain du grand " Foch"

Et de ces grandes guerres qui fauchent.

Fidèle, enjoué, juste et serviable,

C'est le portrait tracé d'un notable,

C'est le portait tracé d'un  Pompier,

C'est le portrait tracé d'un Officier.

 

"Mai Quarante", Cassel vit un enfer,

Luttant à six contre feu et fer,

Ces six Pompiers sauvent, soignent et enterrent,

Eux sont au grand jour alors que tout se terre.

Le rapport du Maire de l'époque,

Les faits que ce dernier évoque,

(Vous les lirez dans l'ancien journal)

C'est la bravoure devant l'infernal,

C'est poitrine à nu devant mitraille,

C'est épopée digne d'un vitrail.

 

La vie, n'est pas faite que de batailles,

Mais aussi d'amour et de travail.

L'amour, ses trois fils et Emma,

Le travail, son commerce qu'il créa.

La vie, c'est aussi et surtout l'amitié,

Que Marcel trouvait au sein des Sociétés,

Musicien, archer et, aussi, footballeur,

Conseiller municipal, à ses heures,

Marcel, c'est " l'homme au chapeau " des Cassellois,

Et chez les "Reuzes" c'est lui qui fit la loi.

Oui ! Je verrai toujours, un soir de Carnaval,

Cette image, dans la lueur des feux de Bengale,

De Marcel DEBUSSCHE, Reuze Papa et Reuze Maman,

Tous les trois se regardant, pour la nuit des temps.

Oui, là, pour moi, Marcel, aussi était géant.

 

                                                                       Francis RAOUT     Septembre  I994

 

      En mémoire de Marcel DEBUSCHE qui dirigea les Sapeurs Pompiers de Cassel

 


par fraout
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Samedi 1 mars 2008

La tradition voulait que , la veille de la fête de Sainte Barbe, tout le personnel du Corps honorait ses Officiers lors d'un vin d'honneur. Les sous officiers se chargeaient de l'organisation. Bien sur, les épouses n'y étaient pas conviées. Aprés les discours de remerciements, chaque officier recevait une potée de fleurs payée par les Sapeurs Pompiers qui s'étaient cotisés. Longtemps, les vacations d'interventions furent reversées à l'Amicale. ( sans commentaire)
 

 

 

 

 

Présentation des vœux de Sainte Barbe

(puissance 40)

 

 

Et bien, ce matin, en pensant à vous,

J’y pense souvent, ça je vous l’avoue,

Je me suis pris à compter sur mes doigts,

Ces grandes « Sainte Barbe » qu’aux Pompiers, je dois.

Et, stupeur ! Quel ne fut pas mon émoi !

Je les avais dressés quarante fois !

 

En « Cinquante quatre », alors jeune officier,

Tout nouveau venu, j’avais tant apprécié

Cette tradition qui de loin venait,

Dés lors, je jurai de la conserver.

 

Ce soir, je crois, je suis le dernier lien

Qui vous unit à ceux de ce temps là.

Oui, des gars comme vous, des gars « biens »

Des bons copains, mais qui ne sont plus là.

 

Croyez moi, ils seraient fiers, aujourd’hui,

De voir, bien conservée, la tradition,

Le même cérémonial bien reconduit,

Et, chez les Pompiers, la même affection.

 

Ecoutez leurs voix, je sais qu’ils vous disent,

En prêchant  fort la fraternité :

« Que jamais rien ne vous divise

Gardez, toujours, toujours, votre unité ! »

 

Ces choses là, je tenais à vous les dire,

Comme je tenais à vous remercier.

Je tenais aussi à vous applaudir,

De vous voir aimer vos Officiers.

 

 

                                                         Cdt F. RAOUT        02 12 1994

 

 

par fraout
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Samedi 1 mars 2008
Mon père fut pour moi en exemple. 
Il m'a laissé ses valeurs en héritage et l'amour de notre métier de plombier zingueur

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HERITAGE

 

 

Je plonge dans mes souvenirs d’enfance,

Et je n’y revois que des soldats.

Mes berceaux....., des casernes de France,

Et toujours des poilus et leurs bardas.

 

Mon père était militaire de carrière,

Je rampais sous les « Lebels » en faisceaux,

Je me goinfrais de marches guerrières,

Jetant mes soldats de plomb à l’assaut.

 

Je revois nos recrues en treillis blancs,

Les deux grandes pointes bleues de leur calot.

Et, dans le ciel, l’escadrille des biplans,

Mais, moi, je deviendrais matelot...

 

Et puis, un jour, tout craqua en France,

Le monde entier entra en transe.

 

Orage

Carnage

 

Libération

Reconversion.

 

Le fier Sous Officier

Sut changer de métier

Après les combats et la peur,

Vint le temps des plus durs labeurs.

 

C’est donc en simple tenue civile,

Qu’un beau «  quatorze juillet  » à Lille,

Après les sonneries réglementaires,

Il reçut la Médaille Militaire.

 

Passent les années,

Nous quittent les aimés.

 

Maman, avec le siècle, s’en allait,

Déjà, elle ne savait plus me parler.

Entre ses doigts, perlait un chapelet

Mais sa main, elle la tendit vers moi,

Je l’ouvris et mon cœur, plein d’émoi

Bondit devant ce désir légataire,

C’était cette Médaille Militaire

Sa dernière pensée était pour mon Père.

 

 

 

                                    Francis RAOUT      Mars   2.001

.

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MERCI AUX MEDAILLES MILITAIRES 

 

 

 

 

Mère, cette médaille ne me quittera jamais,

Ancrée à son ruban par cette cuirasse,

Qui représente la force de nos armées,

En portant glaives et canons qui s’enlacent

C’est la mémoire de nos héros qu’elle transmet.

 

 

 

Le nom de mon père dans la pierre est gravé,

Grâce à vous, grâce a votre fraternité.

Les siècles, par votre stèle seront bravés,

Vous serez médaillés pour l’éternité.

 

 

 

 

                                                    Francis RAOUT

                                                       8 Avril  2.002

  

              L’Amicale des médaillés militaires a fait ériger un monument sur lequel sont gravés leurs noms.




" en simple tenue civile      un beau quatorze juillet à Lille ........ "



par fraout
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Samedi 1 mars 2008

A l'occasion de la remise d'un nouveau drapeau au Comité d'entraide des Membres de la Légion d'Honneur du Secteur

   
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RENOUVEAU

  

Fils!    Sais-tu ce qu'est un drapeau ?

Fils!   Regarde nos couleurs.

Fils!   Jette leur un regard là haut,

Fils!   Ferme tes yeux et pleure.

 

Fils!   Pense aux soldats de France,

Et à ceux du monde aussi,

Ils se battaient à la lance,

Ils mouraient sous leur fusil.

Oui, ils mouraient pour un drapeau

Comme eux, souvent, transpercé,

Vraiment, pas cher, valait leur peau,

Dans le rouge, le sang versé.

 

L'Empereur fit rougir le blanc,

Créant la Légion d'honneur.

Allez!   Musiques, ouvrez le ban!

Ce sont des hommes de cœur.

 

Fils!   Chaque spire des franges d'or fin

Est l'âme d'homme fidèle,

Digne de mémoire sans fin,

Voulant rester modèle.

 

Fils!   Les drapeaux vieillissent aussi,

Mais, eux, peuvent revivre.

Alors, Président, grand merci,

Un nouveau drapeau à suivre.

 

 

                            Francis RAOUT     20 Octobre 2005

         Ecrit dans les années 1920 par un poète Hazebrouckois
par fraout
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